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Le 20 novembre 2011

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L'introduction du manga en france

C'est à la fin des années 70 que le manga fait son entrée en France. A l'époque, les chaînes nationales de télévision sont à la recherche de programmes destinés à la jeunesse. C'est donc tout naturellement qu'elles se mettent en quête de dessins animés pour remplir leurs plages horaires à forte audience chez les jeunes. Mais un problème se profile rapidement : la production européenne de dessins animés est trop insuffisante pour répondre à la forte demande. Faute de productions occidentales, les grandes chaînes vont alors piocher dans les productions japonaises. Une aubaine : elles ont déjà largement fait leurs preuves au pays du soleil levant, elles sont nombreuses, variées et en plus elles sont achetées à bas prix, car leurs coûts de production sont bien plus restreints que ceux des dessins animés occidentaux.

Un succès inattendu
C'est ainsi que sont arrivées les premiers dessins animés japonais (appelés généralement "animes") sur les ondes françaises. UFO Robo Grendizer, le premier d'entre eux, débarque sur Antenne 2 en 1978. On le connait chez nous sous le nom de Goldorak. C'est un succès aussi considérable qu'inattendu, Goldorak aura même droit à une couverture dans Paris Match, sous-titrée "La folie Goldorak". L'anime met en scène l'histoire d'un prince nommé Actarus défendant la planète Terre à bord de Goldorak, un robot de combat. Les jeunes français sont conquis, et Goldorak restera un véritable symbole des années 80 et de l'animation japonaise en France (bien que n'ayant pas du tout connu le même succès dans son pays d'origine). Suite au succès de Goldorak, Antenne 2 s'empresse d'acquérir et de diffuser trois autres séries, dont deux officiant dans un registre de science fiction proche de celui de Goldorak et une autre plutôt orienté vers des histoire d'amour et d'amitié. Le succès est encore une fois au rendez-vous pour Albator le corsaire de l'espace, Capitaine Flam et Candy. C'est l'époque de Récré A2, l'émission consacrée à la jeunesse sur Antenne 2, qui diffusait autant des dessins animés occidentaux (comme des adaptations de bandes dessinées franco-belges telles que Boule et Bill, Yakari ou Johan et Pirlouit) que des animes japonais.

On retrouvera par la suite à la télévision française les animes de Osamu Tezuka précédemment évoqués : Le Roi Léo et Astro, le petit robot.
En 1983, Antenne 2 diffuse un anime réalisé par l'association entre des studios français, luxembourgeois et les japonais du célèbre Studio Pierrot (qui réaliseront quelques uns des plus grands succès animés récents, en France comme au Japon, tels que GTO, Bleach ou Naruto). Intitulé Les Mystérieuses Cités D'Or, il rencontrera un grand succès, autant public que critique, et reste un des plus célèbres exemples de l'animation japonaise des années 80.

Une guerre d'audience
Durant cette même décennie, les chaînes privées se lancent aussi dans la diffusion des animes, encouragés par le succès considérable qu'ils rencontrent sur Antenne 2. Ainsi, La Cinq, via son émission Youpi ! L'école est finie, importe en France ses premiers animes se déroulant dans un cadre sportif : Attacker You ! (diffusé sous le titre Jeanne et Serge) en 1987 et Captain Tsubasa (Olive et Tom) en 1988. Ces deux animes auront un tel succès qu'ils déclencheront de nombreuses vocations sportives chez les jeunes, leur donnant goût respectivement au volley-ball et au football. D'autres séries rencontrent un grand succès sur La Cinq, les plus connues étant la comédie romantique Max et Compagnie et la série d'action mecha Robotech.

Devant le succès des émissions jeunesse sur Antenne 2 et La Cinq, TF1 décide de riposter avec les grands moyens. La chaîne nouvellement privatisée s'offre les services d'une nouvelle directrice de l'unité des programmes jeunesse qui n'est autre que Frédérique Hoshede, alias Dorothée, l'animatrice vedette de Récré A2, et lance par la même occasion en 1987 l'émission Club Dorothée, qui portera l'estocade à la concurrence sur Antenne 2. TF1 s'appliquera dès lors à importer du Japon les plus gros succès du moment : Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque), Hokuto No Ken (Ken le Survivant), Bioman (déjà diffusée en 1985 sur Canal+) et surtout Dragon Ball.

Ken le survivant fait polémique
Cependant, c'est également à cette époque que de vives critiques se sont élevées contre les animes diffusés à la télévision. Un exemple marquant est celui de Ségolène Royal, alors députée dans les Deux-Sèvres, qui publie en 1989, aux éditions Robert Laffont, un livre intitulé Le Ras-le-bol des bébés zappeurs. Dans ce livre, elle fustige sans vergogne les dessins animés japonais qu'elle juge excessivement violents. Ses propos caricaturaux à ce sujet montrent une absence de compréhension assez flagrante, mais toujours est-il qu'ils illustrent les préjugés qui se sont forgés à l'époque. En effet, l'élément perturbateur dans tout ça est l'anime Ken Le Survivant. Adapté d'un manga publié au Japon (et qui sera plus tard importé en France), il raconte l'errance d'un certain Kenshirô utilisant les arts martiaux pour défendre les innocents dans un monde post-apocalyptique où règnent les crapules en tout genre.

Diffusé dans le Club Dorothée parmi les dessins animés pour enfants, il se démarque particulièrement par sa violence. En effet, au Japon, cet anime a été conçu pour un public plus âgé, mais tout en ayant été diffusé à une heure de grande écoute. Pourtant, il n'a jamais fait scandale dans son pays d'origine, car les japonais ont une perception de la violence très différente de celle que nous avons en Occident. De plus, les doubleurs français, particulièrement hermétiques à l'animation japonaise, ont truffé la version française de jeux de mots crétins, mais ayant contribué au statut aujourd'hui culte de cette version, édulcorant artificiellement la violence de l'anime tout en augmentant la frustration des amateurs d'animation japonaise à l'époque. Ainsi, Kenshirô est l'héritier de l'école d'arts martiaux du "Hokuto de cuisine" et pour trouver un certain Ryûga, il faut le chercher à Montélimar.

Les animes des années 90 à aujourd'hui
Les années 90 comporteront elles aussi leur lot d'animes cultes, dont un qui remportera un succès fulgurant, jamais vu depuis Goldorak : c'est Dragon Ball Z, la suite de Dragon Ball, toujours diffusé dans le Club Dorothée en 1993. Cet anime est à l'origine de l'engouement de beaucoup de jeunes de l'époque envers l'animation japonaise et le manga en général. C'est d'ailleurs à partir de la diffusion de Dragon Ball Z que les mangas rencontreront le succès sous leur forme papier.

De nos jours, et ce notamment à cause de leur mauvaise réputation, les animes japonais se font bien plus rares à la télévision. On notera quelques exceptions comme l'adaptation animée de Pokémon, le jeu vidéo de Nintendo, et de Digimon son concurrent créé par la firme japonaise Ban Dai, tous deux diffusés sur TF1 ainsi que Naruto sur France 3. Le plus souvent, ce sont des grands succès qui sont rediffusés sur les chaînes généralistes (Olive et Tom sur La Cinq devenue France 5). La diffusion d'animes se concentre aujourd'hui sur les chaînes payantes comme Canal+ qui rediffuse des succès des années 90 (Cowboy Bebop, Neon Genesis Evangelion, GTO) ainsi que des nouveautés (Full Metal Alchemist). C'est sur les chaînes câblées que l'on retrouve le plus d'animes, via des chaînes spécialisées (Mangas anciennement AB Cartoons, Game One ou plus récemment NoLife), les chaînes destinées à la jeunesse (Fox Kid, Cartoon Network), certaines chaînes musicales (MCM), ou sur les chaînes de la TNT (NT1). Parallèlement, le marché des DVD des séries animées se porte très bien.

L'essor du marché du manga papier
Contrairement aux animes, les mangas sous forme de bande dessinée sont aujourd'hui un succès colossal en France. Pourtant, il aura fallu attendre 1993 et la traduction de Dragon Ball pour que la machine se mette en marche. De 1978 à 1982, un magazine nommé Le Cri Qui Tue aura pourtant essayé de publier des mangas. Sans succès, le magazine ne publiera que six numéros. En 1983, la maison d'édition Les Humanoïdes Associés (à l'origine entre autres de la revue Métal Hurlant) tentent de publier Gen d'Hiroshima, mais peinent à trouver un public. La France ne semble pas prête à accueillir les mangas à cause d'un ancrage trop fort de la bande dessinée franco-belge. En 1988, Jacques Glénat, de retour d'un voyage au Japon, rapporte dans ses valises un manga prometteur intitulé Akira. Il paraît d'abord en 1990 en kiosque sous forme de fascicule en couleurs, sans grand succès. C'est la sortie en France du long métrage animé tiré du manga, en 1991, qui va servir de déclencheur. Akira accèdera rapidement au statut de film culte et va subitement éveiller en France un vif intérêt envers l'art des mangakas. Glénat publie le manga Akira dans un format cartonné, tel un livre de poche, et le succès est enfin au rendez-vous. Le véritable envol des ventes de mangas a lieu avec la sortie en librairies de Dragon Ball. Son personnage principal, San Gokû, devient le héros préféré des jeunes français. Les ventes atteignent deux cent mille exemplaires pour chaque tome d'une série qui en compte quarante deux.

Dragon Ball ouvre le bal et rapidement, d'autres séries viennent fournir le catalogue de Glénat. Mais cette naissance du marché du manga attire de nouveaux acteurs. Casterman lance sa collection "Manga" en 1995 et Dargaud crée sa filiale Kana spécialisée dans le manga. On compte aujourd'hui trente-trois éditeurs spécialisés en France, dont les plus importants sont Glénat, Kana, Pika, Kurokawa, Tonkam, Asuka, Delcourt et Panini Comics.

Le long-métrage animé

La consécration ultime pour un mangaka, c'est de voir son œuvre adaptée en anime, puis ensuite en long métrage animé. Le pas a été franchi en France avec la sortie d'Akira en 1991. Le film Ghost In The Shell de Mamoru Oshii, considéré comme un chef d'œuvre de science fiction d'anticipation, sort en France en 1997. Sa suite, Innocence, fait partie de la sélection officielle du festival de Cannes 2004, un vrai signe de reconnaissance.

En 1995 sort Porco Rosso, un long métrage du célèbre réalisateur Hayao Miyazaki. L'acteur français Jean Reno assure le doublage du personnage principal du film, un pilote d'hydravion italien de l'entre-deux-guerres transformé en cochon. C'est en 2000 que Miyazaki obtiendra une immense renommée en France grâce à son film Princesse Mononoke, pourtant sorti en salles au Japon en 1997. Suite à ce succès public et critique, ainsi qu'au triomphe en salles du Voyage de Chihiro (Ours d'Or au festival de Berlin en 2002 et plus d'un million et demi d'entrées en France), les précédents films de Miyazaki voient le jour en France, renforçant la réputation de ce dernier et l'admiration que lui portent les enfants et les amateurs de manga en France.

On peut aussi noter la sortie en France en 2003 d'Interstella 5555. Ce film est issu de la collaboration entre Leiji Matsumoto, le créateur d'Albator, et du groupe français de musique électronique Daft Punk. Le film est une sorte de mise en image de l'album Discovery de Daft Punk par Leiji Matsumoto, ce qui en fait un long-métrage animé des plus atypiques.

Commentaires (1)

1. Cédric de DBZcollection 22/11/2009

Max, voici une petite interview de de Phillipe Ogouz :
mangas2000.free.fr/interview.fr

C'est une interview audio.
perso, j'ai fais un blog sur Over Blog sur le monde du doublage, tournant essentiellement autour des animés tirés de mangas.

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