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Le 20 novembre 2011

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Japan expo

164.000 visiteurs Japan Expo 2009

La 10e édition de la manifestation a fermé ses portes le week-end dernier. L’heure est venue de dresser le bilan. 0 Entre le 2 et le 5 juillet 2009, près de 164.000 visiteurs ont découvert la 10e édition de Japan Expo et ses 525 exposants (381 en 2008) sur 95.000 m2. L’an dernier, les organisateurs avaient comptabilisé 120.000 visiteurs.

Le festival 2009 a également accueilli 1.200 journalistes contre 700 l’an dernier. Sans surprise, la visite du Studio Clamp a été l’un des moments forts du festival. 0 Un bilan très positif pour la Japan Expo.

Le Japan Expo, un des plus grands salons européens tournant autour de la culture japonaise, a une fois de plus réalisé de très beaux scores en termes d'affluence. Il faut également voir que pour son dixième anniversaire, le salon avait profité de la présence de nombreux mangakas de renom à l'image des naïades du studio CLAMP. Et si vous n'avez pas eu la chance d'assister au cosplay ou de profiter des nombreuses activités proposées (jeux vidéo, mangas, arts japonais...), nous vous rappelons au bon souvenir de notre dossier.

Exclusif ActuaLitté : Depuis dix ans, la Japan Expo ne désemplit pas. Chaque année, c’est un nouveau succès. Devenu, en une décennie, l’événement européen incontournable pour tous les amateurs de la culture du Pays du Soleil Levant, la Japan Expo 2009 s’est déroulée au sein du parc des expositions de Paris-Nord Villepinte du 2 au 5 juillet.

S’étalant sur 95 000 m2, cette manifestation a accueilli cette année 164.000 visiteurs. On ne comptait aussi pas moins de 350 exposants réunissant les multiples facettes de la culture nippone. Que ce soit de la musique, des jeux vidéo, des vêtements et bien sûr des manga ( avec 72 stands d’éditeurs différents), le visiteur était servi.

Même si la crise a marqué aussi son petit effet sur le salon, avec des amateurs plus réfléchis dans leurs dépenses, l’engouement n’en était pas moins général. Enfin, rien ne vaut la possibilité d’y faire un tour. Si vous avez manqué cet événement, pensez à réserver votre week-end en 2010 début juillet afin de profiter à plein d’une ambiance incomparable qu’au sein d’ActuaLitté nous avons tenté de vous faire sentir grâce à de nombreux reportages.

Total look !

Dans les allées de Japan Expo, le spectacle est permanent. Les personnages les plus bizarres croisent les festivaliers : Ce sont les cosplayers, des fans déguisés qui prennent l’apparence de leur manga ou de leur jeu vidéo favori. De la farce grotesque à la transgression ambiguë, toutes les fantaisies sont permises…

C’est une des joies de Japan Expo et en même temps, ce qui lui donne son cachet : les fans déguisés en personnages de BD.

Leurs costumes leur ont parfois coûté des semaines de labeur. Il a parfois fallu traverser tout Paris, prendre le RER et affronter le regard oblique des « passants honnêtes » pour gagner à Japan Expo son quart d’heure de triomphe. Déambulant alors à travers les allées, se sentant enfin dans son monde, ils déchaînent les passions, déclenchent les flashes d’appareil photo, un instant de célébrité pour une passion assouvie au grand jour.

Effectivement, plus qu’une compétition, le Cosplay est l’affirmation ultime d’un art de vivre, la concrétisation dans le réel d’un univers virtuel qui les a fait vibrer.

les lauréats

La Japan Expo 2009 qui se tenait ce week-end a délivré ses récompenses dans les différentes catégories de mangas.

La Japan Expo 2009 qui se tenait du 2 au 5 juillet 2009 au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte a attribué ses "Awards" dans différentes catégories : films d’animation, J-Music, jeux vidéo, etc... et bien sûr mangas.

Concernant les mangas, les lauréats sont :

Meilleur shônen (pour garçons) : "Fairy Tail" de Hiro Mashima (Editions Pika). Il était en compétition avec : "Angel Heart" (Panini Manga), "Claymore" (Glénat), "Full Ahead ! Coco" (Doki-Doki), "Nekoten" (Asuka), "Saint Seiya, the lost canvas" (Kurokawa), "Samurai Deeper Kyo" (Kana), "Shin Chan - Saison 2" (Sakka) et "Suikoden III" (Soleil Manga).

Meilleur shôjo (pour filles) : "Vampire Knight" de Matsuri Hino (Panini Manga). Il était opposé à : "At Laz Meridian" (Doki-Doki), "Crown" (Asuka), "Hana Yori Dango" (Glénat), "Koko Debut" (Panini Manga), "Le Sablier" (Kana), "Lovely Complex" (Delcourt/Akata), "Paradise Kiss" (Kana) et "Parmi Eux" (Editions Tonkam).

Meilleur Seinen (pour adultes) : "Detroit Metal City" de Wakasugi Kiminori (12bis). Ses adversaires : "Blessures nocturnes" (Sakka), "La Force des humbles" (Delcourt/Akata), "Les Gouttes de Dieu" (Glénat), "L’Histoire des 3 Adolf" (Editions Tonkam), "Lord" (Pika Edition), "Me and the Devil Blues" (Kana) et "Team Medical Dragon" (Glénat).

Meilleure édition : "BlackJack - Edition Deluxe" d’Osamu Tezuka (Asuka). Les autres nominés étaient : "Eyes Shield 21 - Tome 21" (Glénat), "Le Champs de l’Arc en Ciel" (Panini Manga), "Le voleur de visages" (Editions Tonkam), "Les Gouttes de Dieu - Tome 1 (Glénat)", "L’Histoire des 3 Adolf - Edition Deluxe" (Editions Tonkam), "Tokkô - Tome 3" (Pika Edition) et Vampires (Asuka)".

A noter que les gros éditeurs, tels Glénat, Kana ou Ataka, sont cette année repartis les mains vides.

 

La Japan Expo en images

Quelques photos qui en diront plus que quelques phrases.

 

 

 

de grandes rencontres en perspective…

Alors que se profile la plus grosse manifestation française autour de la culture manga, nous ne pouvions faire autrement que vous présenter quelques uns des invités les plus marquants de la Japan Expo cru 2009.

Si l’une des têtes d’affiche les plus attendues, Aï Yazawa, auteur adulé de Nana, a finalement dû décliner l’invitation pour des raisons de santé, 2009 restera malgré tout une excellente année en termes de rencontres : seront présents, entre autres, les quatre filles du studio CLAMP (X, Tsubasa reservoir chronicles, XXX holic…), Natsuki Takaya (Fruits Basket), Tetsuo Hara (Hokuto no Ken, Keiji) et Benjamin (Remember).

Commençons par notre coup de cœur, le Chinois Benjamin. Révélation et fer de lance de la maison Xiao Pan, Benjamin est un jeune artiste de la très récente BD chinoise. Peintre de formation académique, il s’est lancé assez tôt dans la narration graphique, avec des œuvres très abouties au dessin remarquable et aux couleurs fortes. Remember, le premier opus publié chez l’éditeur occitan, est aussi son chef-d’œuvre pour le moment. On y suit la rencontre de deux jeunes bédéistes chinois (la part autobiographique est difficile à cerner, mais bien présente) qui, confrontés aux difficultés, aux choix et aux nécessaires renoncements qu’imposent un régime politique particulier et une société aux codes rigides, s’aiment et se déchirent. Les couleurs très froides qui dominent renforcent d’une profondeur glaciale la narration au scalpel. Suivie d’une autre nouvelle, également sur la condition des artistes chinois, Remember est complétée par une galerie d’illustrations remarquablement fournie et des commentaires de l’auteur qui permettent d’en cerner un peu plus la personnalité et les motivations.

 

Aux antipodes de ce courant très novateur, propre à la bande dessinée chinoise, Tetsuo Hara est un des grands noms du manga japonais « classique ». Ses œuvres sombres et violentes sont destinées à un public adulte, comme l’a largement démontré le tollé autour de la diffusion de l’anime Ken le survivant adapté de son œuvre majeure, Hokuto no Ken. Initialement diffusée sur une plage nocturne au Japon, la série animée se trouve proposée le mercredi après-midi sur les petits écrans français par le Club Dorothée à partir de septembre 1988. Largement inspirée de Mad Max, cette série n’est pourtant évidemment pas destinée à tous les publics : les corps déchiquetés qui abondent dans l’anime ne pouvaient que heurter la sensibilité des plus jeunes, et surtout de leurs parents qui obtiendront l’arrêt de la diffusion avant le terme de la série. Le manga, quant à lui, après une première parution catastrophique chez J’ai lu, fait actuellement l’objet d’une nouvelle édition chez Asuka beaucoup plus fidèle à l’original. Il serait dommage de s’arrêter à la violence de l’œuvre, rendue nécessaire par le propos central lui-même : dans un monde postapocalyptique, les hommes revenus aux instincts les plus primaires se battent pour leur survie. Au milieu du chaos, une figure charismatique va se lever en la personne de Ken. Très loin du manichéisme de la version française de l’anime, le manga développe toute une réflexion sur ce qui définit la quintessence de la nature humaine lorsque l’homme est confronté au pire. Outre l’intérêt du récit, il est également servi par un graphisme très soigné, dû aux problèmes de vue de l’auteur qui l’obligeaient à retravailler chacune de ses planches pour compenser les erreurs d’origine.

Après le réalisme social et la science-fiction analytique, place au shôjo, manga pour filles aux saveurs de rose et de guimauve… en apparence au moins. À première vue , Fruits basket est une bluette sentimentale comme il y en a tant, où une jeune fille un peu niaise est confrontée à des circonstances difficiles et soutenue par des garçons un peu froids, mais bien présents… Rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est que lesdits garçons sont frappés d’une malédiction qui les fait se transformer en animaux du zodiaque chinois dès qu’ils entrent en contact physique avec une fille. En deux tomes, Natsuki Takaya pose le décor d’un manga qui en compte23 au total et qui dépasse de très loin les codes classiques du shôjo pour se ranger dans les œuvres cultes, lisibles par tous les publics. Mine de rien, elle interroge, à travers un contexte fantastique un brin farfelu, la question fondamentale de l’éveil de la sexualité, des chaînes parentales qui nous en éloignent et de la prise d’autonomie et de liberté, nécessairement difficile et douloureuse, que constitue le passage à l’âge adulte. Si le graphisme peut paraître simplissime, pour ne pas dire simpliste, il a le mérite de permettre une réelle évolution des personnages au fil des tomes, transformant en adultes les quasi-enfants du début avec une subtilité remarquable. Touchante, émouvante, drôle, dynamique, riche en action et en rebondissements, cette série nous fait passer par toute la gamme des émotions et peut ainsi être lue par tous les publics avec un égal plaisir. Une des belles réussites d’Akata, le label mangas de Delcourt.

Et pour clore ce long article, le studio CLAMP, qui fera l’objet d’une exposition dans les bibliothèques de la ville de Paris, du 3 juillet au 27 septembre, en parallèle de leur venue à la Japan Expo. Est-il encore besoin de présenter ces reines du manga, auteurs prolixes dont chaque série est culte ? Touche-à-tout de génie, elles excellent aussi bien dans le shôjo que le shônen, dans les œuvres pour les plus jeunes que pour les adultes. De Card Captor Sakura à Tsubasa Reservoir Chronicles, de X à Chobits, de RG Veda à XXX Holic, elles dessinent un univers étrange, parfois amusant, parfois inquiétant, mais toujours emprunt de poésie et de complexité. Certaines de leurs œuvres se font écho, enrichissant le propos par une mise en perspective des plus intéressantes. En filigrane se pose toujours la question de la liberté individuelle et de la destinée, de la part que chaque humain prend dans le cours des choses. Le dessin, principalement assumé par Mokona, parfois relayée par Nekoi Tsubaki, varie fortement d’une œuvre à l’autre, pouvant aller d’un style extrêmement épuré (Trèfle, Chobits) à une minutie dans le détail qui rend les décors très chargés (RG Veda, X). L’œuvre qui réalise le plus grand équilibre entre les deux tendances est XXX Holic, qui allie la finesse de tracés précis à un souci du détail quasi maniaque. On voit ainsi la devineresse Yûko parée des plus somptueuses tenues au-dessus desquelles flotte un visage très pur, simple et gracieux comme un lys. Ce soucie du dessin explique le rythme de parution plus lent de cette série, toujours en cours, par rapport à d’autres (le studio a l’habitude de travailler sur plusieurs projets en parallèle).

Vous l’aurez compris, ce qu’on en commun les auteurs présentés ici, c’est une universalité, une capacité à parler à tous les publics, à des niveaux différents, par la qualité de leurs œuvres, ce qu’elles renferment d’intelligence et de subtilité… Alors n’hésitez pas à aller les rencontrer : les venues d’auteurs japonais en France sont rarissimes, en raison des coûts exorbitants, évidemment, mais surtout des rythmes frénétiques de travail qu’imposent les modes de production du manga au Japon.

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